Mon dernier concours régional FPF

Les concours nationaux précédents m’avaient bien refroidis sur l’intérêt de continuer à concourir dans le cadre de la Fédération Photographique de France. Ce dernier concours régional tirage couleur m’a définitivement convaincu de ne plus participer à aucun concours de photos individuelles.

Des jugements de concours décevants

Je pourrai développer un long article car le sujet est complexe. Je ne me lancerai pas non plus dans de longues explications sur l’intérêt des concours de la FPF ( Fédération Photographique de France) et les motivations de ceux qui y participent. Je vais juste présenter mon ressenti et celui de nombreux autres adhérents de la FPF.

Ces dernières années, j’ai entendu les nombreuses remarques de mes amis du Collectif PhotoRuelle. J’ai également écouté les remarques de nombreux amis adhérents de l’URCVL (Union Régionale Centre-Val de Loire), l’antenne régionale de la FPF. Les nombreuses aberrations de jugements observées lors des concours successifs, les découragent de plus en plus. Beaucoup d’adhérents abandonnent les concours et certains vont jusqu’à ne pas renouveler leur adhésion à la FPF.

De sales notes en concours

Certes, il est courant de dire que les juges ont été bons quand ils ont bien noté nos photos et mauvais quand ils nous ont donnés mal notés. C’est d’ailleurs la blague courante entre adhérents de la FPF.

Pour étayer mon propos, je m’appuie sur des éléments factuels qui montrent de nombreuses anomalies. En 2018 et en 2020, mon club photo a participé au concours National 1 Tirage Monochrome. On pourrait penser que ce concours de niveau national aurait des jugements « à la hauteur ». Il n’en est rien. Certains juges distribuent un très grand nombre de sales notes en ne respectant pas le principe d’un jugement équilibré.

A titre d’exemple, c’est clairement le cas du jugement réalisé par le juge 3 (histogramme en bleu). A noter que ce concours de 2020 comptait 958 photos, un nombre suffisant pour une analyse statistique.

Dans le cas de l’histogramme bleu, cette juge a fortement peser sur ce concours en condamnant toutes les photos qui ne lui plaisaient pas. C’est un comportement qui dénigrent le travail de quantité de photographes amateurs. C’est assez étonnant pour une photographe professionnelle qui se veut pédagogue (animatrice d’une chaîne Youtube et formatrice en photographie).

Un autre exemple avec le même concours en 2018 ou 878 photos étaient présentées. Là, ce sont deux juges qui se sont ligués pour démolir un concours. On voit nettement que le juge en vert obtient la palme avec plus d’une photo sur deux notée entre 6 et 10. Plus d’une sur quatre obtenant même un 6 ou un 7. A l’inverse, ce même juge a été capable de donner la note maximum de 20 à 17 ou 18 photos. A noter que ce même juge n’a accordé la note de 13 qu’à moins d’une quarantaine de photos. Pourtant, ce devrait à priori être la note la plus donnée (c’est la médiane entre 6 et 20).

Comprendre les jugements FPF

Les notes données lors d’un concours de la FPF sont toujours situées entre 6 et 20. Il y a toujours trois juges et la photo est classée dans le concours selon l’addition des trois notes, soit une note globale allant de 18 à 60. A noter que la note de 5 correspond à une photo déclassée pour non respect du règlement du concours.

L’ensemble des photographies qui participent au concours est divisé en trois parties. Chaque juge en obtient un tiers à juger. Quand les juges ont noté ce premier tiers, ils s’échangent leur tas de photos et ainsi de suite au tour suivant, pour que chaque photo ait obtenu ses trois notes.

Les jugements ne doivent jamais se faire dans l’absolu mais uniquement en fonction des photographies présentées au concours. C’est à dire que chaque juge ne doit pas tenir compte des photos qu’il a comme références. Il doit faire table rase de toutes comparaisons et attribuer des notes de 6, aux plus « mauvaises » photos du concours et des notes de 20, à celles qu’il va juger les meilleures. Les notes de toutes les autres photographies doivent s’étaler entre 6 et 20.

Ce que j’appelle un jugement équilibré donne beaucoup de notes moyennes et peu de très mauvaises et de très bonnes notes. Le plus grand nombre de photos doit se rencontrer entre les notes de 12 à 14. C’est à peu près le cas des courbes verte et rouge ci-dessous (un peu plus de très bonnes notes pour le juge en rouge et un peu plus de mauvaises notes pour le juge en vert). Visuellement, un jugement équilibré se traduit sous la forme d’une courbe de Gauss.

Mes notes obtenues au concours Tirage couleur

Voici mes notes obtenues au concours tirage couleur régional pour ces quatre photographies :

Ophélie au château : 32 points (10 – 14 – 8)

La danseuse dans l’abbaye en ruines : 35 points (13 – 15 – 7)

Les jumelles enceintes : 37 points (9 – 17 – 11)

La gardienne du temple : 31 points (9 – 10 – 9)

Il faut dire qu’une des personnes choisies comme juges est une graphiste. elle ne connait pas la pratique de la photographie (dans le cadre de club affilié à la FPF) et encore moins les jugements. Au début du concours, avec le jugement du premier tiers des photos, elle était même partie pour donner des 6 et des 7 à 80% des photos. J’étais assesseur du juge 2 et j’ai remarqué la situation sur les tables d’à côté. Je l’ai signalé discrètement au commissaire du concours. Celui-ci est allé voir la personne pour lui préciser le principe des concours et l’étalement des notes entre 6 et 20.

Un autre juge m’a dit ne pas aimer les portraits. Il n’a effectivement pas mis de note au-dessus de 15 à un seul des portraits inscrit à ce concours. Ce même juge a accordé des notes entre 6 et 12 à à peu près 75% des photos du concours alors qu’un jugement plus équilibré n’aurait concerné qu’environ 50% des photos.

Au cours du concours, je me suis même amusé à constater qu’un grand nombre de photos que l’on retrouvaient dans les tas entre 18 et 20, se retrouvaient entre 6 et 7 au tour suivant. Et la même chose s’est répétée encore au dernier tour.

Un photographe un peu au-dessus de la moyenne

Qu’on me comprenne bien, je ne me suis jamais considéré comme un artiste, ni comme un excellent photographe. Je n’ai pas une haute idée de moi-même. Je pense me situer un peu au dessus de la moyenne. Quand mes photos sont notées entre 13 et 16, je suis satisfait. Comme mes photos ne peuvent pas plaire à tout le monde, certaines photos peuvent être moins bien accueillies. Parfois, elles le sont bien mieux.

Il arrive aussi qu’une même photo recueille des notes extrêmes. Il y a quelques années maintenant, il m’est arrivé d’obtenir des notes de 6 – 15 – 20 pour une photos que j’aimais beaucoup (je l’aime toujours autant). Là aussi, obtenir un 6 est un vrai coup de poignard. Une note de 6 doit normalement correspondre à une photo dont le sujet est sans intérêt, mal réalisée, avec un mauvais post-traitement et desservie par un mauvais tirage.

Arrêts des concours classiques

Pour toute ces raisons, je ne participerai plus au concours de photographies individuelles. Seuls les concours d’auteur et les séries continuent de m’intéresser car ils permettent de présenter un véritable travail de réflexion. Ce type de concours n’est pas envahi de chasseurs de concours qui ne font pas les photos qui leur plaisent mais des photos « qui marchent ». Il suffit de regarder les résultats des concours. Parmi les 50 premières photographies, on trouve souvent des photos qui ressemblent étrangement à des photos déjà présentées en concours.

C’est vrai que les concours sont jugés par des humains et que chacun des juges a son propre regard, sa propre culture et une analyse qui lui est personnelle. Chaque juge ne donnera donc jamais une note identique aux autres juges. Il peut même y avoir de grandes disparités de notation. Ce que je n’arrive pas à accepter c’est de voir des comportements comme ceux rencontrés ces dernières années. J’appelle cela du sabotage délibéré des concours.

Malgré mon engagement au sein de la FPF depuis plusieurs années (membre du bureau de mon union régionale FPF), je ne participerai plus qu’à certains concours. Ceux où il y a une série avec un travail de réflexion et un ensemble à juger. Je sais qu’il y aura des appréciations différentes mais j’ai constaté qu’il n’y a jamais de jugement à l’emporte-pièce, du type « J’aime/J’aime pas ».

J’ai largement pris mon temps de réflexion pour publier cet article. Je l’ai rédigé et publié en l’antidatant, plus d’un an après.

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