Les dames de nage : rencontre avec Bernard Giraudeau

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Un jour dans une gare entre Orléans et Paris, mon regard toujours à l’affût a croisé cette couverture. Les dames de nage. Un roman de Bernard Giraudeau.

J’ai immédiatement croisé mentalement ton merveilleux sourire et tes yeux bleus.

Tu permets que je te tutoie, Bernard ?

Des yeux qui ne savaient pas mentir et qui révélaient des blessures.

On agit bien souvent par impulsion. Sans savoir pourquoi, guidé par une main invisible, même pour des actes insignifiants. La même main qui nous pousse vers notre destin dans les moments les plus importants.

J’ai acheté aussitôt ce livre. Je l’ai lu et je l’ai beaucoup aimé. Je tenais à te le dire.

Cette façon que tu as d’écrire. Tes histoires qui nous touchent par leur vérité. Tes moments de vie qu’on sent si réels parfois, sans pouvoir démêler ce qui est de l’ordre du vécu de ce qui est du ressort de l’imaginaire.

Une écriture, un style. Une rencontre par livre interposé.

Tu y citais Alfred Hitchcock : « Il y a quelque chose de plus fort que la logique, c’est l’imagination ». Une vérité que je partage.

A quoi peut bien mener une photo croisée sur la couverture d’un livre. Même pas d’auteur cette photo. Juste un laconique Getty Images. Une de ces boîtes d’images de stock achetées à vil prix par des investisseurs dont les yeux clignotaient au vu des trésors photographiques accumulés. Des trésors en dollars pas en négatifs. Ils n’ont pas la même unité de compte que moi.

Quelques mois après, Bernard, dans une soirée de récompense où ta fille était reconnue comme la digne héritière des ses parents, je t’ai recroisé avec grand plaisir. Tu étais ému, heureux pour elle. Discret dans ton fauteuil.

J’ai ressenti l’émotion de cette situation… les mots de Sarah. J’aime l’émotion. Celle qui touche au cœur et brouille le regard.

L’espoir perdurait avec ton combat.

Quelques années plus tard. Dans le rayon livres d’un hypermarché Auchan, je croise un livre de poche : Cher amour. Un livre commenté dans une émission télévisée. Des critiques élogieuses. Cette madame T. énigmatique m’a attiré.

J’avais aimé le précédent livre, j’aimerai le second alors je l’ai acheté. C’était le vendredi 16 juillet 2010. Un jour ordinaire pour moi mais pas pour toi. C’était ton dernier. Je ne l’ai su que le lendemain. Au journal télévisé on parlait de toi. Tu appartenais déjà au passé.

Bernard Giraudeau acteur

Je songe à nos souvenirs communs : L’année des méduses, Les longs manteaux,  Rue barbare, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, Une affaire de goût, La petite Lili, Ridicule… Tant d’autres dans lesquels je t’ai aimé acteur, je t’ai aimé homme. Un acteur ne joue pas, il existe d’abord en tant que lui-même. C’est lui qui donne vie au rôle, en y apportant ce qu’il est. Il lui donne une âme et un cœur.

Tu ne ressemblais pas à un autre. Tu étais toi. De cœur, toi tu en débordais.

Au revoir Bernard

Je repense à cette blessure au fond de toi. Une blessure qui ressemble à celle qui coule dans mes veines. Peut-être nous a-t-elle rapprochés ? J’en doute. C’était comme ça.

Une photo, un livre, un jour dans une gare.

Ton timbre de voix, ton sourire et ton regard sont gravés à jamais en moi. Ces fragments de vie que j’ai vécu avec toi. Si peu et de si loin.

Un jour je m’inspirerai de cette photo. Je la réinventerai. A ce moment là, c’est sûr, je penserai à toi.

Salut l’artiste ! Au revoir Bernard.

(Article mis à jour le 5/1/2018)

Pour rester encore un peu avec lui :

 

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